03.02.2010

Est-ce par hasard ?

"Les grands artistes ont du hasard dans leur talent et du talent dans leur hasard." (Victor Hugo)

A la recherche de ma créativité

L'évolution humaine est directement liée à la créativité.

Notre créativité ne se limite pas à l'art, aux sciences et aux technologies.
Notre vie est faite de milliers de créations, de toutes ces nouveautés et ces différences qui font de nous des êtres humains.

Il s'agit d'apprendre à s'arrêter, se donner du temps, de l'espace, de la détente.
Il s'agit de développer ses sens et sa conscience, essayer, "mettre un peu de jeu" dans sa vie, se déconnecter du raisonnable et oser entrer dans ce que Bachelard appelle le domaine du "pourquoi pas" et du "surréel".
Selon Paul Eluard, "Il y a bien un autre monde, mais il est dans celui-ci". Nous avons chacun notre autre monde, riche et fertile. 

C'est peut-être là que naît le "cheminement spirituel", qui a la même origine étymologique que l'inspiration : le souffle, c'est-à-dire tout à la fois la respiration, la vie, l'âme, l'esprit, l'immatérialité ...
Il faut savoir croire en ce qui dépasse notre conscience.

L'imagination crée des images, ce qui est imaginé peut ensuite être réalisé.
Il s'agit alors de chercher le comment faire, et surtout de "prendre au mot toutes nos envies fugitives, nos "Tiens, je ferais bien ça !" et de s'y mettre". 

Tout acte créatif est vivifiant pour son auteur. 
Chacun de nous est capable de créer, encore faut-il se le permettre.

Il faut pour cela une bonne dose d'envie et de courage (sans compter sur l'entourage), un peu d'esprit de rébellion (pour faire autre chose que de recopier), et suffisamment de confiance pour persévérer, en dépit des peurs, des doutes et des frustrations qui pourraient parfois prendre le pas sur le plaisir de créer.

Les vrais créatifs, en dehors de toute imposture et de toute récupération sociale et économique, ont de plus la formidable capacité de se détacher de leurs idées. Ils savent, sentent que les idées sont infinies, qu'elles ne leur appartiennent pas, qu'elles sont inspirées des idées qui les ont précédées.
Le but du créatif, de l'artiste est de partager ses idées, car il pense qu'elles sont là pour qu'on s'en serve, pas pour qu'on les protège.

La créativité est toujours gratuite.

Art, ordre et désordre

La question du désordre, du chaos est pour moi à la fois mystique, esthétique, éthique, politique. 

Ordre et désordre sont perçus différemment en Orient et en Occident.

Les grecs anciens, les penseurs et artistes de la Chine et de l’Inde, respectent les mythes et traditions considérés comme des ciments de la société, et recherchent l'harmonie dans et avec la nature.

Dans notre perspective judéo-chrétienne, l’harmonie ne peut se concevoir que comme un reflet ou un avant-goût de celle du royaume des cieux. Ainsi les artistes occidentaux ont-ils été tenus, non pas d’exalter l’harmonie de l’homme avec la nature, mais d’illustrer l'ordre divin face aux désordres de l'homme.

La science qui aujourd'hui "explique" et "met en ordre" le monde avec de plus en plus de précision, ne sait toujours pas répondre aux questions essentielles et ne nourrit pas vraiment notre rêve d’harmonie. 

La théorie du chaos postule que tout système, telle la société, est complexe et chaotique.
Une société "ordonnée" supposerait de diminuer les degrés de liberté pour qu’à la fin il ne reste que des groupes d’individus agissant de manière collective en suivant les directives du pouvoir en place. Il faudrait aussi supprimer l’infinie palette d’interactions entre individus, et finalement supprimer l'individu !
Le risque constructiviste consiste à croire que la science nous donne l’omnipotence. c'est aussi la manifestation d’une peur de ce qui ne peut être compris.
Les utopies sanglantes du XXe siècle, qui tendent à renaître aujourd'hui sous prétexte de "désordres sociaux" ont cherché à construire un monde ordonné par la dictature, bien éloigné de la sagesse orientale, et totalement "invivable".

Or, la concentration du pouvoir au plus haut niveau hiérarchique entraîne une rigidité telle que l’organisation dans son ensemble risque de se retrouver dans l’incapacité de s’adapter rapidement au changement.
Car vouloir créer l'ordre à tout prix en maîtrisant le chaos, c'est oublier qu'il est présent partout, même dans le domaine biologique, et que c'est lui qui permet une plus grande réactivité dans la recherche permanente d'un équilibre.
C'est du chaos que naît l’imagination, l'invention de solutions nouvelles, imprévisibles même, à l’intérieur des mécanismes traditionnels. 
L’excès d’ordre engendre désordre et cacophonie alors que le Chaos contient ses propres facteurs d’équilibre et d’ordre.

La crise des représentations, l'ébranlement des repères et valeurs de toutes sortes, l'apparent désordre grandissant que nous vivons, projettent cette question dans le domaine artistique, en peine évolution (tout le monde voudrait "être un artiste", comme dans la chanson)

L'art sublime les forces de désordre et de chaos qui sont aussi des composantes de l’univers et donc de chacun de nous.
Braque dit d'ailleurs que "la beauté est une blessure devenue lumière"

L'art est à mon avis l'expression la plus pure de notre réactivité, de notre imagination, de notre capacité à voir le "beau", à donner un sens au chaos.
C'est le désordre de l'ordre et l'ordre du désordre ...

Ma barque solaire



J'ai passé ma vie à tenter de comprendre l'âme humaine (et la mienne en particulier)

L'art est pour moi plus qu'un loisir, plus qu'un simple moyen d'expression, plus qu'une "thérapie".
Pour moi, c'est une démarche vers le sacré, vers la "foi inébranlable" qui brille en chacun, qu'il soit athée ou croyant (et quelle que soit sa religion)

Je ne m'étendrai pas sur le sujet, les théoriciens de l'art ont probablement écrit des milliers de pages bien plus intellectuelles que ce que j'écrirai jamais.

Mais je suis convaincue que l'art nous aide à exprimer simplement une dimension essentielle de notre humanité et de notre spiritualité.

Je me donne 9 mois pour construire une barque solaire ... Merci à celles et ceux qui m'ont accueilli et permis de revenir à l'art ... sacré.

01.02.2010

1, 2, 3 ...

Depuis longtemps, le chiffre 3 tient une place de choix dans mes grilles de lecture de la réalité.

J’ai retrouvé dans toutes les cultures auxquelles j’ai été confrontée le trois comme tout : la Vie, l’Homme, sont le produit de l’union du Ciel et de la Terre
TRI-OS signifie 3 bouches, trois origines. 

Dans les religions, la trinité (trois en un, tri-unité du monothéisme) est récurrente : à l’origine représentation divine de la mère, du père et de l’enfant (Isis, Osiris et Horus, ou Amon Mout et Khonsou à Thèbes), cette trinité s’est féminisée dans les cultures matriarcales (3 déesses-mères représentant la terre, la force créatrice et la nature chez les celtes) et masculinisée dans les cultures patriarcales (le Père, le Fils et le Saint-Esprit) chez les chrétiens.

Le trois renvoie pour moi à la complétude de l’être humain (avec ses polarités féminine et masculine), et à l’ascension spirituelle évoquée par le triangle, la pyramide, le fronton du temple ... 

C’est le premier chiffre insécable, union du 1 et du 2, il réconcilie les opposés apparents et donne une autre dimension (spirituelle) à l’union.
Le trio, c’est la survenue d’un troisième qui peut permettre aux deux autres d’enrichir leurs perceptions.

L’enfant est symbole d’espoir, de renaissance, de renouveau. 1+1 = 3 : l’enfant est plus que le produit de ses deux parents. Il est une personne à part entière. Tout parent aspire à ce que son enfant puisse dépasser ses propres limites, une part de nous continue d’exister dans notre descendance. Le troisième élément de cette trinité nous oriente vers l’éternité.

Le trois représente par conséquent le découpage d’un temps que nous percevons comme linéaire : passé, présent, avenir.
C’est le temps de la vie, telle que la présente l’énigme du Sphinx. 
Peut-être l’homme qui a marché à 4 pattes (dépendant) puis sur 2 jambes (indépendant) a-t-il pris conscience de sa propre fin et de la nécessité de prendre en compte son environnement (interdépendance) ? Peut-être commence-t-il enfin à être sage ?

C’est aussi le temps de l’apprentissage.
« Apprends avec un œil, apprends avec l’autre, puis vois avec tes 2 yeux ». 
Cette devise est la mienne depuis longtemps. Souffrant de diplopie, je sais que seule la vision binoculaire permet d’apprécier le relief et de donner la distance. Je sais aussi que nos perceptions sont souvent le produit de simples habitudes de pensée : « je crois ce que je vois, je vois ce que je regarde, je regarde ce que je veux ».

Le schéma thèse – antithèse – synthèse permet d'ailleurs de préserver une certaine objectivité dans notre réflexion.

Dans la religion juive, le 3 est la synthèse entre l’amour et la rigueur, qui permet d’avoir une juste conduite.

Le trois est donc un symbole d’équilibre.
Une table a besoin de 3 pieds pour tenir debout. Un homme a besoin de 3 points d’appui pour être stable, comme nous pouvons l’apprendre dans le théâtre.
Dans de nombreuses approches diagnostiques (morpho-psychologie, graphologie) et thérapeutiques (gestalt thérapie), il est fréquent de retrouver 3 dimensions de l’être humain : la tête, le cœur, le corps dont la complémentarité permet une vie pleine et épanouie.

Le trois permet également la représentation de l’espace.
Pythagore nous a montré qu’il suffit de 3 points pour définir un plan.
La triangulation est le principe de base de la représentation du territoire sur une carte.
Toute l’architecture en découle, mais aussi toute représentation de l’univers. La carte n’est pas le territoire, mais elle permet de s’orienter et de construire celui-ci.

Le 3 comme choix est la dimension qui m’a toujours fascinée.
Le mot trivial vient de « trois voies » et évoque la patte d’oie où les prostituées attendaient leurs clients.

La patte d’oie est aussi un symbole pour les pèlerins de Compostelle au même titre que la coquille Saint-Jacques. Tout y converge et tout en émane. C’est le lien entre ce qui est en haut et ce qui est en bas.

A partir de 3, tout devient possible. C’est le début de la véritable liberté, débarrassée de nos conflits intérieurs.

C’est ce que rappelle l’analyse systémique : le premier choix est programmé par notre éducation et notre vécu, le 2ème choix est l’inverse (et donc le même présenté autrement !), et c’est à partir de la troisième option que l’on commence à être libre : ni oui, ni non, mais oui et non ou ni oui ni non (et autre chose).

De même, « le triangle thérapeutique » de l’analyse transactionnelle consiste à développer la protection, la permission et la puissance, ce qui rappelle le travail du linguiste Georges Dumézil dégageant un schéma récurrent dans toute société correspondant à 3 fonctions spécifiques : sacrée, productive et défensive. 

Ceci n’est pas sans rappeler Hermès Trismégiste (3 fois très grand) et sa philosophie naturelle, morale et métaphysique.

Il y aurait encore beaucoup à dire sur les innombrables mentions du chiffre 3 dans toutes les cultures (3 grâces, 3 furies, 3 parques, le trident, etc …) … Voilà en tout cas ce qu’évoque pour moi aujourd’hui ce chiffre très riche en signification.

L'eau, c'est la vie

Je rejoins le Mouvement des porteurs d'eau !

 

27.05.2008

A diffuser ...

SOMMES NOUS DÉJA A MOITIE "CUITS" ? de Olivier Clerc

Olivier Clerc, écrivain et philosophe, a envoyé un petit conte d'une grande richesse d'enseignement.
Il s'agit du principe de la grenouille chauffée.

" Imaginez une marmite remplie d'eau froide dans laquelle nage tranquillement une grenouille.
Le feu est allumé sous la marmite, l'eau chauffe doucement. Elle est bientôt tiède.
La grenouille trouve cela plutôt agréable et continue à nager.

La température continue à grimper. L'eau est maintenant chaude.
C'est un peu plus que n'apprécie la grenouille, ça la fatigue un peu, mais elle ne s'affole pas pour autant.
L'eau est cette fois vraiment chaude. La grenouille commence à trouver cela désagréable, mais elle s'est affaiblie, alors elle supporte et ne fait rien.
La température continue à monter jusqu'au moment où la grenouille va tout simplement finir par cuire et mourir.

Si la même grenouille avait été plongée directement dans l'eau à 50°, elle aurait immédiatement donné le coup de patte adéquat qui l'aurait éjectée aussitôt de la marmite.

Cette expérience montre que, lorsqu'un changement s'effectue d'une manière suffisamment lente, il échappe à la conscience et ne suscite la plupart du temps aucune réaction, aucune opposition, aucune révolte ".

Si nous regardons ce qui se passe dans notre société depuis quelques décennies, nous subissons une lente dérive à laquelle nous nous habituons.
Des tas de choses qui nous auraient horrifiés il y a 20, 30 ou 40 ans, ont été peu à peu banalisées, édulcorées, et nous dérangent mollement à ce jour, ou laissent carrément indifférents la plupart des gens.

AU NOM DU PROGRÈS et de la science, les pires atteintes aux libertés individuelles, à la dignité du vivant, à l'intégrité de la nature, à la beauté et au bonheur de vivre, s'effectuent lentement et inexorablement avec la complicité constante des victimes, ignorantes ou démunies.

Les noirs tableaux annoncés pour l'avenir, au lieu de susciter des réactions et des mesures préventives, ne font que préparer psychologiquement le peuple à accepter des conditions de vie décadentes, voire DRAMATIQUES.

Le GAVAGE PERMANENT d'informations de la part des médias sature les cerveaux qui n'arrivent plus à faire la part des choses...

Lorsque j'ai annoncé ces choses pour la première fois, c'était pour demain. Là, C'EST POUR AUJOURD'HUI.

Alors si vous n'êtes pas, comme la grenouille, déjà à moitié cuits, donnez le coup de patte salutaire avant qu'il ne soit trop tard ".

Merci de diffuser largement.

03.03.2008

Pour les amoureux de la nature ...

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A voir !!!

07.02.2008

Je relaie ...

Kokopelli : biodiversité, la fin des illusions

Les verdicts sont tombés, l'Association Kokopelli est lourdement condamnée :
- 12.000 € pour le grainetier Baumaux
- 23.000 € pour l'état et la fédération des industriels de la semence (FNPSPF).

(...) Malgré les directives européennes, les avis de l'ONU, du Sénat, de scientifiques, d'agronomes affirmant l'urgence de sauvegarder la biodiversité végétale alimentaire, l'état français refuse de libérer l'accès aux semences anciennes pour tout un chacun.

C'est ce qui permet aujourd'hui aux magistrats d'infliger ces lourdes peines à l'association Kokopelli.
Dans le cas du procès de la SAS Baumaux pour concurrence déloyale, M. Baumaux verra donc son bénéfice de 800.000 € augmenté de 10.000 € et recevra 2.000 € pour ses frais.

L'état français recevra 17.500 € au motif que KOKOPELLI vend des semences illégales, 5.000 € seront consacrés aux frais et à l'information du bon peuple sur les pratiques dangereuses de l'association KOKOPELLI.

Les semences qui ont nourri nos grands-parents et qui servent à nous nourrir aujourd'hui par le jeu des croisements, sont donc devenues illégales et dangereuses.

Nous avons eu droit au grenelle de l'environnement : il faut sauver la biodiversité ! alors pourquoi condamner une association qui sauvegarde avec ses adhérents et ses sympathisants, plus de 2500 variétés en risque de disparition ? Pourquoi condamner ces semences dont la FAO reconnaît qu'elles sont une des solutions pour assurer la souveraineté alimentaire, face aux dérèglements climatiques et à l'augmentation de la population mondiale ? Pourquoi les mêmes variétés, selon qu'elles sont vendues par KOKOPELLI ou d'autres opérateurs entraînent condamnation ou mansuétude ? Pourquoi les grandes surfaces vendent des fruits et légumes issus des variétés interdites à KOKOPELLI, en toute impunité (en tout cas à notre connaissance).

Les condamnations infligées à KOKOPELLI ne sont donc pas à chercher dans la nature des semences que protège l'association, mais dans ses actions.
L'association propose aux jardiniers, aux paysans, d'être autonomes et responsables, face au vivant. Dans notre société du tout marchandise, c'est intolérable. Le plus grand grief (sous jacent) fait aux semences anciennes ou de pays, est d'être reproductibles et qui plus est adaptables à de très nombreuses conditions de cultures, sans le soutien de l'agro chimie. Voilà la faute de KOKOPELLI : conserver le levain des savoirs populaires, agronomiques et génétiques. A l'heure où l'on veut nous faire croire que le tout hybride, OGM, chimique, énergie fossile, sont les seules possibilités d'assurer notre alimentation, propager l'autonomie semencière par l'exemple est devenu répréhensible. Ce qu'il faut retenir de ces condamnations, c'est la volonté affichée d 'éradiquer les alternatives techniques et semencières autonomes.

Depuis 15 ans, KOKOPELLI protège la diversité de nos jardins, de nos champs, de nos assiettes, tout en essayant de faire évoluer le cadre juridique vers une reconnaissance de la valeur agronomique et culturelle des variétés reproductibles : L'ETAT FRANÇAIS NOUS A FAIT ECHOUER. Aujourd'hui, la disparition potentielle de KOKOPELLI ouvre un boulevard à l'uniformisation culturelle et productiviste agricole. La disparition de la « vraie » biodiversité basée sur la variabilité génétique d'une multitude de variétés locales ne sera jamais, et de très loin, compensée par la multiplicité de quelques variétés clonées.

Il est intéressant de noter la similitude des actions et de la répression envers les faucheurs volontaires, les amis de l'ortie, les défenseurs de l'herboristerie et KOKOPELLI : chacun cherche à sa façon, à protéger et promouvoir la vie et la continuité des savoirs.
Pour notre gouvernement, tout cela est devenu répréhensible ! Face à ses contradictions, entre ses déclarations enflammées du Grenelle de l'Environnement et les condamnations qu'il obtient contre les défenseurs de la biodiversité, gageons que l'état français mettra un point d'honneur à prendre en réelle considération le devenir des générations futures.

L'association KOKOPELLI a toujours proposé la résistance fertile non violente et le dialogue, peut-être étions-nous trop en avance ? Mais maintenant, sauver la biodiversité est d'une extrême urgence. Si l'agriculture productiviste que protége le gouvernement se trompe, vous trompe, nous trompe, quelle stratégie de repli aurons-nous ? Si nos élus ont contribué à éradiquer notre patrimoine semencier alimentaire ?
La solution est dans votre camp, mesdames et messieurs nos gouvernants. Une fois, vous avez pu revendiquer « responsables, mais pas coupables ». Devant la faim du peuple, cet argument ne tient pas.
N'obscurcissez pas l'avenir, il l'est déjà suffisamment.
Mais peut-être faut-il lancer un appel : aux semences, citoyens !

Raoul Jacquin

Ce communiqué est consultable sur le site
Association Kokopelli
http://www.kokopelli.asso.fr/index.html

01.01.2008

2008 ... Nous y sommes ...

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Que vos rêves puissent se réaliser !

30.12.2007

Dictature : mode d'emploi (9)

Réduire insidieusement la liberté de la presse, et faire en sorte qu'elle ne parle plus que de vous.

28.11.2007

Sommes-nous devenus des moutons? Je relaie ...

Par Nicolas Cadène (Collaborateur parlementaire à l'Assemblée nationale et au Sénat)    15H00    19/11/2007


"Je me permets de faire part ici de ma réaction suite aux mouvements sociaux de ces derniers jours :
"Somme-nous devenus des moutons ?"
A la lumière des évènements successifs de ces derniers mois, certains se posent sans doute cette question un peu gênante. Le peuple de France qui a, une nuit du 4 août 1789, aboli les privilèges acquis par la simple hérédité, n’a rien eu à redire aux "cadeaux fiscaux" de notre président fait aux 10% les plus aisés et s’élevant à 15 milliards d’euros.
Aujourd’hui, à l’instar de notre chef d’Etat, les Français se révoltent contre les grèves dans les transports. Des mouvements qui n’ont pourtant pour seul objectif qu’une négociation sur la perte d’acquis sociaux de fonctionnaires travaillant pour l’intérêt général, exerçant des emplois peu enviés (il est aujourd’hui difficile pour certaines entreprises publiques telle la RATP de recruter le personnel nécessaire) et souhaitant préserver leur pouvoir d’achat.
Si notre système de retraites basé sur la solidarité nationale doit être le plus unifié et le plus homogène possible, cela ne signifie pas que tous les régimes doivent être alignés sur le moins favorable. Pour plus d’équité, des dispositifs comme la bonification des périodes de travaux pénibles ou la stabilité des taux de remplacement devraient au contraire être généralisés au privé plutôt que supprimés dans le public.
Il faut également rappeler que ces nouvelles grèves, qui ne sont pas si courantes en France (11e pays le plus "gréviste" sur les 18 principaux pays industrialisés) concernent la défense d’acquis qui ne représentent qu’une perte de 200 millions d’euros pour l’Etat; soit 75 fois moins que ce qui a été gracieusement offert, sans contrepartie, aux plus riches.
D’ailleurs, les vrais privilèges actuels sont-ils ceux de ces cheminots, employés SNCF, RATP ou d’autres entreprises de service public? Où sont traitées les retraites des cadres militaires? Les appartements de fonction pour les proches du pouvoir? Les "placards dorés" de la haute administration? Les retraites majorées de 35 à 75% dans quelques DOM-TOM (que certains au Parlement proposent enfin de réformer)?
Quelle étonnante adoration de la richesse au moment même où le président s’augmente de 206% (selon le "spécialiste des finances de l’Elysée", le député René Dosière). La richesse financière est pourtant bien loin de garantir une richesse intellectuelle et surtout morale. Car le "cadeau fiscal" accordé par le gouvernement il y a deux mois vise notamment des individus tel Noël Forgeard, quittant son entreprise en difficulté qui s’apprête à licencier 10 000 personnes d’ici 2010 (Airbus), et empochant près de 11 millions d’euros d’indemnités et de stock-options (que le gouvernement refuse de taxer substantiellement). Cela vise aussi nos "stars" nationale tel Johnny Hallyday qui préfère devenir belge ou s’installer en Suisse pour ne pas participer à l’effort national (l’impôt), lui qui ne doit sa gloire qu’au peuple français. Cela vise peut-être même des individus comme le fils de Bernard Tapie, vivant dans des appartements bourgeois de 200 m2 à Neuilly et paraissant au-dessus des lois (son expulsion ayant été annulée sans doute grâce à l’intervention amicale du secrétaire général de l’Elysée Claude Guéant).
Qu’est-ce donc que ce "mauvais esprit"? Celui qui nous commande de nous opposer violemment à nos concitoyens du service public. Celui qui nous fait dire que nous sommes "pris en otage". Une telle comparaison est au moins déplacée de la part d’une génération qui a vécu mieux qu’aucune autre, sans connaître de conflit. Une paix sociale et une paix "tout court" qui est due à des femmes et des hommes ayant bâti une Europe unie et rebâti une nation française sur un pacte de solidarité (via les mesures du Conseil national de la Résistance et notamment la création de la sécurité sociale en 1945). Quand on interroge les Français sur ce qui symbolise le mieux la France, les premières réponses ne sont ni les frontières ni la langue, mais le drapeau tricolore et la sécurité sociale. L’emblème de la République et les outils de la solidarité: voilà ce qui cimente en premier l’appartenance commune.
Pourtant aujourd’hui, ce que l’on voit, loin d’être des actions de solidarité, c’est une génération encourager la violence et la répression contre elle-même (scandant le slogan sportif "allez les bleus" en désignant les CRS), devant des bâtiments scolaires où l’on enseigne que "le savoir est une arme"...
Devons-nous nous taire et nous "coucher" sur tout? N’avons-nous pas le droit et même parfois le devoir, de nous élever contre toute atteinte à notre pacte républicain ? Car il s’agit bien de cela quand une personnalité politique, quelle qu’elle soit, oppose chaque catégorie de Français à une autre: les "salariés du privé" à ceux du "public", les chômeurs aux "travailleurs", les "assistés" aux "bosseurs", les Français de souche aux immigrés (supposés ne venir que d’Afrique), les "soixante-huitards" et les "fauteurs de troubles" à la "majorité silencieuse", les "intellectuels bien-pensants" aux citoyens du concret, "les Français qui se lèvent tôt" à ceux qui se "lèvent tard", etc.
Notre unité nationale qui se fonde d’abord sur le "vivre ensemble", est aujourd’hui "attaqué" par cette utilisation politicienne des conflits sociaux (mais aussi par des mesures telle l’éventuelle instauration de "franchises judiciaires" et l’instauration de "franchises médicales" dont on connaît l’inutilité sinon pour éloigner les plus défavorisés de la justice et de la santé).
Il y a un risque que cela ait pour tous des conséquences extrêmes qui pourraient nous rappeler en de trop nombreux points des époques sombres de notre Nation. Époques caractérisées par une expression muselée, une opinion manipulée, un pouvoir concentré et des liens sociaux rongés.
L’histoire de France ne se résume pourtant pas aux absolutismes, aux restaurations réactionnaires ou au régime de Vichy. La France, c’est aussi le "Siècle des Lumières" (n’en déplaise à Christine Lagarde pour qui l’"on pense trop "), la Révolution française, la Commune de Paris et la Résistance. Ne l’oublions pas. À l’inverse des moutons suivant un quelconque meneur (même lorsqu’il saute d’une falaise), ne suivons que notre conscience."

02.09.2007

Pensée de 9h47

 " Vivre! Ca prend du temps et je n'ai pas une minute à moi."
(Henri Jeanson)

27.08.2007

Je relaie ... sans commentaire

Argenteuil : des répulsifs contre les SDF

Pour éloigner les SDF du centre-ville, la mairie d'Argenteuil a acheté en juillet des produits répulsifs nauséabonds.

Les agents municipaux ont refusé de les diffuser, comme le demandait la mairie.
"Le carton précisait que le produit était toxique et irritant, et qu'il ne fallait pas le respirer, alors, les agents ont décidé de ne pas le diffuser, car ils veulent bien "chasser des rats mais pas des SDF'", a déclaré à l'AFP un agent, sous couvert d'anonymat.

Selon lui, le répulsif a finalement été donné aux agents d'entretien du centre commercial du centre d'Argenteuil pour qu'ils le diffusent eux-mêmes.

Joint par l'AFP jeudi, le cabinet du maire qui a pris début août un arrêté anti-mendicité dans le centre, n'a pas souhaité réagir.

De son côté, la direction du centre commercial "Côté Seine" a précisé à l'AFP que le produit "communiqué par la mairie" avait été diffusé au niveau des sorties de secours de la galerie marchande où des SDF ont leurs habitudes.

Le produit, appelé "Malodore" et livré sous forme de concentré à diluer et à pulvériser à l'aide d'une pompe, est une exclusivité de la société Firchim spécialiste en chimie et produits d'entretiens. "C'est un produit pas dangereux qui laisse une rémanence nauséabonde pendant plusieurs semaines. On l'utilise normalement pour éviter que des gens en état d'ébriété ne stationnent près d'endroits dangereux, sous les ponts ou près des routes", a expliqué à l'AFP le responsable de Firchim, Pierre Pasturel. Selon lui, d'autres collectivités utilisent "Malodore" à cet effet.

Depuis 2005, chaque été, le maire d'Argenteuil, Georges Mothron (UMP) prend des arrêtés pour interdire la mendicité dans le centre.
Un de ces arrêtés, évoquant une "gêne olfactive anormale" liée à la présence des SDF, avait été annulé par la préfecture du Val-d'Oise en 2005. (!!!)

Le 6 août dernier, la mairie a pris un nouvel arrêté interdisant la mendicité dans le centre d'Argenteuil pendant l'été jusqu'en 2012.

17.07.2007

Pensée de 7h48

"Pour être heureux avec les êtres, il ne faut leur demander que ce qu'ils peuvent donner."
(Tristan Bernard)

07.07.2007

il y aurait du soleil ...

Il y aurait du soleil
Des abeilles et du miel
Sur nos matins gris blanc
De temps en temps
Il y aurait tant d'amour
Que nous serions l'amour
Viens, donne-moi la main
Il fera jour demain, demain

Il fera gris chez eux
Triste au fond de leurs yeux
Leurs sourires seront morts
Disparus à tout jamais
Ils n'auront jamais su
Qu'on peut se dire je t'aime
Simplement parce qu'on aime
D'un parfum la couleur

{au Refrain}

Il fera beau chez nous
Beau comme n'importe où
Quand le bonheur s'en vient
Au détour d'un presque rien
Nous nous endormirons
Sans nous dire je t'aime
Parce que se dire je t'aime
Se fait du bout des yeux



Paroles: Nicolas Peyrac. Musique: Nicolas Peyrac 1978
© Eco Music

L'amour, c'est magique !

02.07.2007

Pensée de 13h08

"C'est la fièvre de la jeunesse qui maintient le reste du monde à la température normale. Quand la jeunesse se refroidit, le reste du monde claque des dents."
(Georges Bernanos)

28.06.2007

Réflexion du matin

Que ne serait-on prêts à croire et à faire au nom du "réalisme" ?
Sans se rendre compte que la réalité de chacun, selon son lieu de vie, sa culture, ses valeurs peut avoir de différences profondes. Le réalisme des uns est la folie des autres.

Un changement de nos valeurs est lancé, et l'utopie d'aujourd'hui sera forcément la réalité des générations futures. Et si l'absolu n'existe pas, au moins pouvons-nous tenter de faire pencher la balance vers la préservation de la vie plutôt que vers la mort annoncée.

26.06.2007

Le règne du "moi d'abord"

Dans les publicités, dans les entreprises, partout, il faut se servir avant les autres, avoir le meilleur, le plus beau, être le plus fort, avoir la plus grande (gueule, entre autres) ... Et le partage, le don, l'élémentaire respect de l'autre ?

Comme si tous nos pires comportements étaient accentués dans cette société du "je veux tout, tout de suite, pour moi tout seul". Comme si nous étions revenus à la loi de la jungle. Comme si la vraie vie était faite de violence et de stress.

Heureusement, tout le monde ne pense pas, ne ressent pas, n'agit pas comme ça.

J'ai emmené hier dans ma voiture deux jeunes auto-stoppeurs, habillés aux couleurs de l'arc en ciel, de ceux qui parcourent le monde en quête d'humanité, de paix et de partage. Ils n'avaient pas grand-chose. Ils semblaient épanouis.

Il y a encore de l'espoir. Super.

Je suis une citoyenne libre

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Déclaration


- Parce que nous nous sentons directement concernés par la vie politique, parce que nous voulons être libres et responsables, pouvoir prendre notre destin en main dans le refus de la politique partisane,


- Parce que nous aspirons à la paix et à la justice dans une véritable DEMOCRATIE CITOYENNE qui ne serait pas gérée par des partis politiques, mais par l'ensemble des CITOYENS, LIBRES et CORESPONSABLES de leur destin collectif,


nous voulons :


* Une démocratie, respectueuse des femmes et des hommes dans leur individualité, leur unicité et leur spécificité.

* Une démocratie où la société est gérée dans la complémentarité et le partage, avec la collaboration de tous, et non pas par le droit du plus fort.

* Une démocratie, la plus directe possible, qui favorise l'échange et le débat, et qui consulte par voie de référendum l'ensemble de la population pour tous les problèmes importants et les choix de société.

* Une démocratie où les gouvernants ne sont au service d'aucune idéologie, mais exécutent les choix décidés par la Sagesse et le Bon Sens du peuple.

* Une démocratie où la liberté de conscience, fondement de l'autonomie et de la responsabilité individuelle, est considérée comme sacrée et où toute forme d'endoctrinement, de manipulation et de récupération démagogique est jugée comme une offense à la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme.



Cette déclaration, largement inspirée de l'Appel aux Citoyens Libres, a été mise en ligne par l'initiateur du Réseau Citoyens Libres le 18 avril 2007.



PRESENTATION DU RESEAU

Le réseau Citoyens libres regroupe des internautes, des sites et des blogs qui se reconnaissent dans cette Déclaration et souhaitent apporter leur contribution à l'avènement d'une véritable démocratie.

20.06.2007

Pensée de 9h13

« Une société qui est prête à sacrifier un peu de sa liberté contre un peu de sa sécurité, ne mérite ni l'une ni l'autre, et perdra les deux. »

(Benjamin Franklin)

08.06.2007

Pensée perso de 19h56

La saine colère fait face au non respect des valeurs vitales universellement partagées.
La folle violence reproduit les habitudes mortifères nées des différenciations culturelles.

Pensée de 19h48

"Une seule chose est certaine, l'esclavage de l'homme grandit et augmente. L'homme devient un esclave consentant. Il n'a plus besoin de chaînes. Il commence à apprécier et être fier de son esclavage. Et c'est la chose la plus terrible qui puisse arriver."

(G.I. Gurdjieff)

31.05.2007

Pensée de 12h12

"Bien dire fait rire, bien faire fait taire."

(André Dacier)

30.05.2007

Pensée de 19h

"L'avenir appartient à tout le monde : ceux qui se lèvent tôt n'ont qu'à s'en prendre qu'à eux-mêmes", diait Pierre Dac.

Moi je dis que peu importe l'heure à laquelle on se lève, mais y'en a qui feraient mieux de rester couchés plutôt que d'emmerder leurs concitoyens.

23.05.2007

Liberté de la presse ?

"Reporters sans frontières a exprimé lundi sa "préoccupation" et a appellé "à la vigilance des journalistes contre toute forme de pression" après le refus du Journal du Dimanche (propriété du groupe Lagardère) de publier un article révélant que Cécilia Sarkozy n'avait pas voté le 6 mai.

L'organisation de défense de la presse estime que "le respect de la vie privée est une notion essentielle, mais (que) celle-ci ne doit, en aucun cas, être utilisée pour dissimuler des informations qui, à n'en pas douter, relèvent de l'intérêt général". "Nous avons tous en tête le précédent de l'éviction d'Alain Genestar de la direction du magazine Paris Match, également propriété du groupe Lagardère, à la suite de la publication, en août 2005, d'une photographie de Cécilia Sarkozy avec son compagnon de l'époque", rappelle RSF.

Les journalistes du SNJ-CGT et de l'USJ-CFDT du groupe Hachette-Lagardère ont dénoncé, dans un communiqué commun, une "nouvelle ingérence de la direction du groupe Lagardère" après la non-publication d'un article du "Journal du Dimanche" concernant Cécilia Sarkozy.

"Les journalistes d'Hachette-Lagardère sont une nouvelle fois témoins révoltés et victimes d'une atteinte à la liberté d'expression. Après Paris-Match, qui a été supervisé par les services du candidat de l'UMP pendant toute la campagne présidentielle, (...) c'est au tour du Journal du dimanche de se voir censuré par la direction du groupe Lagardère pour plaire au nouveau président élu, à moins que ce ne soit sur son ordre."

"Les listes d'émargement étant publiques, le vote est un acte civique et non privé, le sujet n'est donc ni d'ordre privé ni une affaire d'État", ajoute le communiqué qui dénonce "une censure en totale contradiction avec l'engagement pris par le nouveau patron des rédactions de Hachette Filipacchi Associés, Christian de Villeneuve, auprès des sociétés de journalistes à son arrivée, en décembre 2006".

Auparavant, le SNJ-CGT avait fait part de son "inquiétude" et appelé "les journalistes à résister à toutes tentatives d'intimidation". "Dans un tel climat, les journalistes pourront-ils continuer à faire leur travail d'investigation ?", s'interroge le syndicat dans le communiqué intitulé "auto censure ou peur des sanctions"."

08.05.2007

A côté de nos pompes ?

Trouvé sur le site de Bernard Defrance
http://www.bernard-defrance.net

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Moi, j'aime marcher, mais avec des chaussures normales, à ma pointure, et pas au pas.

23.04.2007

Le bon berger (Jean Guidoni)

"Les caveaux de famille ont de pesants mystères
Qu'il vaut bien mieux parfois laisser dormir en paix
Il faut laisser le droit aux aïeux de se taire
Accepter leur baiser et leur silence épais
Car s'il vous prend l'envie de chercher vos racines
Dans les tiroirs secrets des buffets Henri III
Vous y découvrirez des photos qui fascinent
Mais aussi le parfum de l'an quarante-trois
Vous risquez de trouver au creux des ménagères
La francisque martiale sous les couverts d'argent
Et dans le cher album la figure étrangère
D'un noble et beau vieillard au sourire engageant

Tous les enfants de France
Ont un second papy
Couronné d'espérance
Et de chêne au képi
Etoile à la houlette
Et moustache enneigée
Petit Francais, répète :
"Tu es notre berger"

Il n'est pas vraiment mort le maréchal aimable
Il juge vos actions, protège vos vertus
Et si son effigie ne trône plus à table
Elle veille encore au grain comme un vieillard têtu
Au moindre appel, voyez, les regards s'illuminent
Cerveaux au garde-à-vous et le cœur en gala
Les ancêtres oubliant le rock et l'albumine
Entonnant tous joyeux "Maréchal nous voilà"
Et chacun de conter comment de la défaite
Un berger consola tout un peuple vaincu
Et comment il sut faire d'un malheur une fête
Avec quelques discours et coups de pied au cul.

Orphelin de moitié quand mon papa d'Oedipe
Trimbalait le complexe plus qu'il n'est de raison
Un psychiatre apparut du prénom de Philippe
Et mamie s'écria : "Un homme à la maison" !
Alors mon cher papa fit couper ses anglaises
Qu'aux pieds du maréchal il s'en vint déposer
Petit short kaki et les genoux à l'aise
Jurant de féconder notre sexe opposé
Se gavant de Doriot plus que de vitamines
Il attendait le jour en relisant Péguy
Où lui aussi pourrait liquider la vermine
Et seconder tonton à traquer les maquis

Tous les enfants de France (...)

Tata Fernande avait encore sa chevelure
Ses coques étagées dont mon oncle était fat
Ce bon tonton Marcel, qu'il avait fière allure
Sous le béret viril marqué du signe alpha !
Ils veillaient tard le soir et peaufinaient les listes
Des amis et voisins qui dessinaient des V
Des plouto-francs-maçons et des bolcho-gaullistes
Des anglo-communistes à jamais enjuivés
Et puis au petit jour songeant à la droiture
Du héros de Verdun, tonton s'assoupissait
Cependant que tata à la Kommandantur
Postait ce qu'ils savaient de ces mauvais Francais

Tous les enfants de France (...)

Quand grand'mère finissait d'espionner les voisines
Derrière le frais voilage des rideaux de Vichy
Elle semblait inventer la nouvelle cuisine
Au mou de veau spongieux farcissant ses hachis
"J'aurais tant aimé que papy goûte ma recette"
Disait-elle en touillant l'exquis rutabaga
Mais grand-père est mort depuis mil neuf cent dix-sept
Quelque part sur le front et d'autres petits gars
Comme lui ne diront rien à celui qui contemple
Leurs noms bien alignés dont l'or déjà s'éteint
Car mon grand-père est mort fusillé pour l'exemple
Sur l'ordre du bon berger sur l'ordre de Pétain

Tous les enfants de France (...)"

Argument intéressant !

Trouvé chez Ulysse
http://eldorad-oc.midiblogs.com

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