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  • Québec : descente de rivière en canot, sans escale et sans assistance. Récit d'une expérience

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    lors d'une descente de rivière, loin du monde des hommes.

    Voilà 4 mois que nous sommes de retour d’un fabuleux périple au Canada. Nous sommes un groupe de 5 jeunes âgés de 17 à 19 ans et avons décidé, il y a 2 ans, de monter une expédition au Québec. Guidé par Régis et Matthieu, nous avons construit ce voyage. Grâce à leur approche en matière de voyages responsables et environnements   nous avons construit un voyage à notre image. Pendant deux ans, nous avons mené une réflexion afin de construire un voyage au plus proche de la nature et ayant un impact minimum sur l’environnement, que ce soit dans la phase de préparation ou sur place. Notre séjour au Québec a été construit autour de la descente en canot d’une rivière perdue au Nord de la province, en autonomie complète.

    Lundi -  Catapultage sur le sol québécois

    Après plusieurs heures d’avion et immanquablement plusieurs tonnes de gaz à effet de serre déversées dans l’atmosphère, nous atterrissons à Montréal avec une dette en C02 importante. Nous sommes très touchés par ce problème. Comment prétendre à un voyage propre alors que le seul fait de prendre l’avion va aux antipodes de nos valeurs ?… Conscients de cela, nous nous sommes tous engagés à annuler notre dette dans l’année suivant ce projet par des gestes simples au quotidien. Mais pour l’heure nous sommes bien au Canada et il nous tarde d’être le lendemain pour entamer la route qui nous mènera au départ de la rivière promise…

    Mardi -  Les berges du Saint-Laurent

    Notre premier réveil sur ce continent se fait sur les berges du Saint Laurent, au lever du soleil. Nous mesurons déjà la chance que nous avons d’être ici à observer le spectacle d’un pic tambourinant sur un arbre. Notre rêve de gamin resté trop longtemps à l’état de chimère est en train de se réaliser ! Nous profiterons du reste de la journée pour faire fonctionner l’économie locale en nous rendant au marché d’Atwater acheter des provisions pour le reste du séjour et dans une grande coopérative canadienne pour finaliser la liste de matériel outdoor nécessaire pour la descente de la rivière.

    Mercredi -  Le ballet des baleines

    La route pour se rendre au départ de notre rivière est longue aussi nous décidons de faire une halte à Tadoussac où nous ne tardons pas à voir pointer le dos de magnifiques mammifères marins. Le ballet est incessant. Rorquals communs, petits rorquals, marsouins, phoques et bélugas nous émerveillent. Un peu comme avec les baleines en méditerranée , nous aurons même la chance de suivre pendant 2h30 les ébats d’une baleine à bosse nous montrant son immense queue avant de plonger dans les eaux bleues et froides du fleuve. Nous camperons pour la nuit près de la fosse à saumon n°49. Nous n’apercevrons aucun poisson malheureusement, en revanche, une récolte de baies -cerisier à grappes, d’oxalis et de champignons -lactaires sanguins- satisferont nos papilles gustatives.

    Jeudi - Rencontre avec un coureur des bois

    Nous étions partis pour faire une journée de route et voilà que les aléas et la chance du voyage nous obligeront à faire un stop dans un magasin de tannerie. C’est perdant notre chemin que nous avons atterri dans ce petit village de Normanville où nous avons aperçus ce magasin de peaux. Intrigués et vue la philosophie de notre voyage, la rencontre avec le trappeur responsable du magasin -ou coureur des bois comme ils disent là-bas- était donc inévitable et envoutante… Sortis du magasin nous étions encore plus pressés d’aller vivre cette aventure au fin fond de la forêt canadienne !

    Vendredi - Tourbières et zones humides

    La brume sur le « lac du milieu » se lève en même temps que nous ce matin. Nous prenons le temps de la regarder se dissiper à la surface de l’eau tout en avalant notre petit déjeuner. Les paysages sont superbes, nous gambaderons toute la matinée durant à travers les tourbières acides d’une couleur rouge feu, au milieu des plantes carnivores, à sauter de motte en mottes, véritables radeaux naturels… et nous observons notre premier huard ou plongeon du Canada, l’un des symboles de ce pays. Nous reprenons notre chemin l’après-midi, toujours à l’affût d’éventuelles rencontres animalières, jusqu’à arriver dans un nouveau camping. Nous profitons de cette étape pour filtrer et confectionner de la confiture à base des cerises sauvages que nous avions récoltées quelques jours auparavant.



    Samedi - Une dernière douche et c’est parti !

    Les couleurs sont superbes à notre réveil et pêcher dans ces conditions de lumière est un vrai plaisir, même si cela ne rend toujours pas la pêche fructueuse ! Après le petit-déjeuner, nous dépeçons la peau du lynx que nous avions trouvé, deux jours plus tôt, mort sur le bord de la route certainement frappé par un camion. Après quelques rigolades avec les petits suisses, ces écureuils qui venaient manger jusque dans notre main nous reprenons la route. Après avoir avalé un certains nombre de miles, nous sommes maintenant tellement proches du départ de ce voyage que l’excitation au sein du groupe se fait de plus en plus ressentir… Nous profitons d’un bref retour à la civilisation pour prendre la première douche de notre voyage et la dernière avant la fin de notre trip !

    Dimanche -  Premiers coups de pagaie

    Les couleurs sont splendides et le léger courant nous mènera silencieusement tout près de nos premiers bec-scies et castors, nous permettra de passer tout proche d’un ours qui nous aura malheureusement vu le premier…

    La journée tant attendue arrive enfin

    Nous avons réservé cette matinée au reconditionnement de toutes nos affaires. Nous sommes conscients qu’il faut être bien organisé car cela rendra les choses bien plus faciles une fois sur la rivière. Nous nous débarrassons d’affaires que nous jugeons inutiles, ajustons les quantités de denrées alimentaires nécessaires pour une dizaine de jours, etc… Nous chargeons ensuite les canots dans la navette qui nous déposera au départ de notre rivière quelques heures plus tard après une interminable route en terre. La navette nous laisse seuls au milieu de l’étendu des épinettes. Nos canots sont là, devant nous, accostés dans un méandre boueux. Nous n’avons plus qu’à arrimer bagages et bidons étanches. Les premiers coups de pagaies sur ce ruisseau au milieu des joncs ne nous laissent pas apercevoir la rivière tant rêvée. Puis, dans un dernier détour agrémenté d’un joli rayon de soleil transperçant le ciel orageux nous nous retrouvons projetés sur la scène d’un théâtre inoubliable. Les couleurs sont splendides et le léger courant nous mènera silencieusement tout près de nos premiers bec-scies et castors, nous permettra de passer tout proche d’un ours qui nous aura malheureusement vu le premier… Ne laissant augurer que de bonnes choses après ces premiers instants de bonheur, nous bivouaquerons sur une plage avec en prime notre premier brochet dans l’assiette grâce à Nicolas.