20.08.2008

Je relaie ... encore et toujours

Réseau "Sortir du nucléaire" - Fédération de 820 associations
Communiqué du mardi 19 août 2008

Prolifération : le Réseau "Sortir du nucléaire"
demande à MM Sarkozy et Fillon de rejeter
jeudi 21 août 2008 l'accord nucléaire Inde/USA
(lors de la réunion du Groupe des fournisseurs nucléaires)

Les citoyens sont invités à écrire en urgence sur les
sites web de l'Elysée et de Matignon (cf lettre ci-jointe et ci-dessous)

http://www.elysee.fr/ecrire
http://www.premier-ministre.gouv.fr/acteurs/premier_ministre/ecrire



Monsieur le Président de la République,
Monsieur le Premier Ministre,

Je vous demande de prendre vos responsabilités en faisant le nécessaire pour que la France se prononce contre l'accord nucléaire dit "Accord 123" lors de la réunion, jeudi 21 août 2008, du Groupe des fournisseurs nucléaires (ou Nuclear Suppliers Group, soit NSG), qui rassemble les 45 pays fournisseurs d'équipements nucléaires, dont la France.

L' "Accord 123", signé en juillet 2007 par l'Inde et les USA, prévoit en particulier la vente à l'Inde de technologies et de matières nucléaires, en totale contradiction avec les règles internationales de non-prolifération. Il est d'ailleurs tout à fait édifiant de rappeler que c'est après le premier essai atomique réalisé par l'Inde en 1974 que le Groupe des fournisseurs nucléaires a été créé, afin d'isoler les Etats non signataires du Traité de non-prolifération (TNP), à commencer bien sûr… par l'Inde.

Il est avéré que c'est pour de simples raisons mercantiles que les USA ont négocié avec l'Inde l' "Accord 123". Ils ont obtenu le 1er août la validation de cet accord par l'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique), et entendent maintenant le faire valider par le Groupe des fournisseurs nucléaires.

L' "Accord 123" ne se justifie pourtant pas plus en 2008 qu'en 1974. Cet accord prévoit d'ailleurs que l'AIEA n'inspectera en Inde… que les installations nucléaires qui ne servent pas à l'élaboration d'armes atomiques.

En bafouant à ce point les règles de non-prolifération, les USA, l'AIEA et les pays du NSG qui soutiennent l' "Accord 123" donnent de parfaits prétextes à tout pays qui tente, ouvertement ou secrètement, d'accéder à l'arme atomique.

De fait, lors de la réunion du Groupe des fournisseurs nucléaires le 21 août, la France doit s'opposer à la validation de l' "Accord 123". Et ce d'autant que c'est sous prétexte de lutter contre la prolifération nucléaire que vous, Monsieur le Président de la République et Monsieur le Premier Ministre, dénoncez le programme nucléaire iranien. Il n'est pas acceptable de tenir un double langage et d'accorder aux uns ce qui est refusé aux autres.

La perspective de voir l'entreprise française Areva vendre de la technologie et des matières nucléaires à l'Inde ne doit pas justifier de bafouer les règles de non-prolifération. Ce ne serait d'ailleurs pas seulement indigne, ce serait aussi parfaitement ridicule : il est évident que, après avoir intrigué depuis des mois pour que cet accord soit enfin validé, les USA ne vont laisser aucun autre pays, et encore moins la France, en tirer les bénéfices.

Si la France ne s'oppose pas jeudi 21 août 2008 à la validation de l' "Accord 123" par le Groupe des fournisseurs nucléaires, votre responsabilité sera lourdement engagée. Vous aurez gravement contribué à la prolifération nucléaire et, de fait, fortement augmenté les risques de destruction de la planète. Pour mémoire, une étude publiée dans la revue de l'Académie des sciences américaine en avril 2008 démontrait qu’un conflit nucléaire, même localisé, détruirait, selon la latitude considérée, 20 à 70 % de l’ozone atmosphérique mondial. Avec des conséquences dramatiques pour les êtres vivants. L’exemple choisi par les auteurs était précisément un conflit indo-pakistanais…

Je vous prie de croire, Monsieur le Président de la République et Monsieur le Premier Ministre, à mon engagement en faveur de l'environnement et de la démocratie.

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